Mémorialiste et enseignante au primaire née près de Pond Inlet (Nunavut) dans la seconde moitié des années 1940.
Esther Arnakallak, aussi nommée Maikpainnuk Arnakallak, est autrice, enseignante au primaire et éducatrice à l’enfance. Probablement née dans la seconde moitié des années 1940, elle est originaire de Nalluaq, un camp situé près de Pond Inlet (en inuktitut : Mittimatalik), sur l’île de Baffin, dans l’actuel Nunavut. Elle est la fille de Qaumayuq et de Samuel Arnakallak et a plusieurs sœurs et frères. Elle est également mère. Après des études au Collège de l’Arctique à Frobisher Bay (aujourd’hui Iqaluit) dans l’actuel Nunavut, Esther Arnakallak enseigne à l’école primaire de Pond Inlet pour la plus grande partie de sa vie professionnelle.
En 1953, la famille d’Esther Arnakallak est contrainte par le gouvernement canadien de s’installer dans le Haut-Arctique. Comme pour beaucoup d’autres familles et communautés inuites qui ont été déplacées dans ces terres lointaines, peu familières et au climat hostile, l’expérience est pour le moins difficile pour la famille d’Esther Arnakallak. En août 1957, Esther Arnakallak et les siens sont autorisés à rentrer à Pond Inlet. Toutefois, la grand-mère paternelle d’Esther, Maikpainnuk, dont elle porte le nom, contracte la tuberculose dans le Haut-Arctique et décède au sanatorium de Hamilton (Ontario) avant de revoir l’île de Baffin. La génération d’Esther Arnakallak est la dernière à avoir vécu une enfance selon le mode de vie traditionnel de chasseurs-cueilleurs semi-nomades, avant l’époque des relocalisations, de la sédentarisation forcée et de l’école obligatoire dans les années 1950 et 1960.
Esther Arnakallak publie en 1998 ses mémoires en inuktitut dans un livre intitulé Makpainnup surusiunivininga nunaliralaangullutik ilagiit. Le livre est unilingue, mais le titre est traduit en anglais : Makpainuk’s outpost camp memories. En 2007, en tant qu’éducatrice, Esther Arnakallak contribue aussi à l’élaboration d’un document éducatif du gouvernement du Nunavut, Inuit Qaujimajatuqangit. Le cadre d’éducation pour le curriculum du Nunavut, avec d’autres personnes du milieu de l’éducation et des aînés et aînées.
D’autres personnes de la famille d’Esther Arnakallak sont des auteurs et des autrices. En effet, sa nièce, Lily Taqaugak Tongak, a contribué à l’écriture d’un article de l’anthropologue Nancy Wachowich paru dans l’ouvrage Making and growing: Anthropological studies of organisms and artefacts (2014) publié par Elizabeth Hallam et Tim Ingold : cet article est consacré au récit de la vie de Damaris, aînée de la famille Arnakallak qui a vécu la délocalisation dans le Haut-Arctique. Aussi, la sœur d’Esther Arnakallak, Rhoda Arnakallak, a contribué à l’élaboration du documentaire Nallua de Christian Mathieu Fournier, sorti en 2015, et son frère Titus Arnakallak est traducteur et chroniqueur.
Aujourd’hui, Esther Arnakallak habite toujours à Pond Inlet, et elle est désormais une aînée et une grand-mère.