Tulugak, Harry

Ancien maire et militant politique né à Povungnituk (aujourd’hui Puvirnituq; Nunavik) à la fin des années 1940 ou au début des années 1950.

Harry Tulugak naît à Povungnituk (aujourd’hui Puvirnituq) vers la fin des années 1940 ou au début des années 1950. Il grandit dans cette communauté du Nunavik, l’une des trois à n’avoir jamais signé la Convention de la Baie-James et du Nord québécois en 1976. Il fait d’abord ses études à Puvirnituq, puis à Ottawa (Ontario). Il travaille à la coopérative de Puvirnituq de 1972 à 1996, occupant divers postes, de commis à gérant. Son père avait d’ailleurs été le premier directeur général de la coopérative.

Harry Tulugak est un militant du mouvement de défense de l’autonomie gouvernementale du Nunavik. En effet, il joue un rôle actif dans l’organisation des élections pour le Comité constitutionnel du Nunavik en 1988 et 1989. Il contribue également à un numéro spécial du Devoir publié le 1er avril 1989 et consacré au processus devant mener à l’autonomie gouvernementale du Nunavik. Il est par la suite élu maire de Povungnituk (aujourd’hui Puvirnituq) de 1991 à 1993.

Harry Tulugak est plus tard nommé négociateur en chef pour le Nunavik pendant les négociations sur l’autonomie gouvernementale en 1998. Il poursuit son engagement en tant qu’adjoint exécutif du président de la Société Makivik, Pita Aatami, en 1999, année où il est également nommé coprésident de la Commission du Nunavik, un poste qu’il occupe jusqu’en 2001. La mise sur pied de ce groupe, créé pour élaborer des recommandations sur une gouvernance adaptée aux besoins des Nunavimmiut (« personnes qui sont nées ou qui habitent au Nunavik »), marque une étape importante dans les discussions sur l’autonomie gouvernementale du Nunavik. Harry Tulugak copublie d’ailleurs avec André Binette le rapport trilingue (inuktitut, français, anglais) de la Commission du Nunavik en 2001. Par la suite, il est nommé négociateur pour représenter les intérêts des Nunavimmiut en 2001. Il conserve ce rôle jusqu’en 2011, année du référendum sur la création d’un gouvernement régional au Nunavik. Ce projet est toutefois rejeté par près des deux tiers des Nunavimmiut.

L’engagement politique de Harry Tulugak l’amène à publier deux articles, le premier en 2002 dans l’ouvrage Regard sur la Convention de la Baie-James et du Nord québécois, codirigé par Alain-G. Gagnon et Guy Rocher, « La gouvernance dans la Convention de la Baie-James et du Nord québécois : une perspective inuit », et le deuxième en 2014 dans Uqausivut sivummuagutivut: Our language, our leadership, dirigé par Jeela Palluq-Cloutier et Louis McComber, « We need more exposure to our language ». En 2018, il participe au groupe de travail Atausiq Inuktut Titirausiq (littéralement : « Un système d’écriture unifié de l’inuktut »), sous l’égide de l’Inuit Tapiriit Kanatami (littéralement : « Les Inuits sont unis au Canada »), l’association des Inuits et des Inuites du Canada, qui prend la décision historique de privilégier l’alphabet romain plutôt que l’alphabet syllabique dans la standardisation de l’écriture inuite, une initiative controversée, mais marquante pour la préservation et la transmission de la langue.

Parallèlement à ces engagements politiques, Harry Tulugak s’implique dans la vie de sa communauté. De 1994 à 2005, il siège, par exemple, au comité exécutif du centre de santé Inuulitsivik à Puvirnituq et en devient directeur par intérim de septembre 1997 à janvier 1998.

Harry Tulugak vit encore aujourd’hui à Puvirnituq. Il est l’oncle de Bobby Kenuajuak, un documentariste également originaire de cette communauté.

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(c) Laboratoire international de recherche sur l'imaginaire du Nord, de l'hiver et de l'Arctique, Université du Québec à Montréal, 2018-2026, Daniel Chartier et al.