Qitsualik-Tinsley, Rachel

Autrice, traductrice, linguiste et chercheuse née à l’extrémité nord de l’île de Baffin (Nunavut) en 1953.

Rachel Qitsualik, devenue Rachel Qitsualik-Tinsley après son mariage, aussi appelée Rachel Attituq Qitsualik-Tinsley, est d’origines inuite, écossaise et crie. Elle naît en 1953 – avant l’établissement des premiers villages dans l’Arctique – dans un camp de chasse situé à l’extrémité nord de l’île de Baffin dans l’actuel Nunavut. Elle y grandit selon les us et coutumes de la culture inuite : son père, qui contribuera plus tard à la création du Nunavut, lui enseigne les techniques de survie inuites comme il le ferait avec un fils.

Après avoir vécu l’expérience du pensionnat autochtone Stringer Hall à Inuvik (Territoires du Nord-Ouest) et avoir été témoin du passage de la culture inuite de la tradition à la modernité, Rachel Qitsualik effectue des études universitaires pendant lesquelles elle développe une expertise dans les dialectes archaïques. Spécialiste du langage, des religions et des cultures du monde, elle travaille plusieurs années en tant que chercheuse et consultante. Durant cette période, elle publie plus de 400 articles consacrés aux langues inuites, à la mythologie et à la cosmologie précoloniale, et elle siège au jury de la catégorie récits du concours Arts et récits autochtones organisé par Historica Canada, qui est l’un des plus importants concours d’art et de création littéraire au Canada pour les jeunes Autochtones.

Rachel Qitsualik épouse Sean Qitsualik-Tinsley, spécialiste de l’Arctique, avec qui elle écrit de la fiction et des textes éducatifs sur la culture inuite. Ensemble, ils publient plusieurs romans à succès chez Inhabit Media, dont The raven and the loon (2013), Tuniit: Mysterious folk of the Arctic (2014) et Lesson for the wolf (2015). The raven and the loon est traduit en inuktitut en 2013. À travers ces œuvres sont célébrés l’histoire et le caractère unique de la cosmologie, de la cosmogonie et du chamanisme dans l’Arctique. Bon nombre d’entre elles sont étudiées dans les écoles primaires et secondaires ainsi que dans les universités. Rachel Qitsualik-Tinsley publie aussi deux livres en son seul nom en 2011 : Under the ice et The shadows that rush past: A collection of frightening Inuit folktales; ce livre fait l’objet d’une traduction en inuktitut en 2018.

En 2012, Rachel Qitsualik-Tinsley est récipiendaire de la Médaille du jubilé de diamant de la reine Élisabeth II pour sa contribution à la culture canadienne. En 2014, son roman Skraelings: Clashes in the Old Arctic, coécrit avec Sean Qitsualik-Tinsley, est finaliste au Prix littéraire du Gouverneur général dans la catégorie littérature jeunesse de langue anglaise. Keavy Martin mentionne et analyse Skraelings: Clashes in the Old Arctic dans son ouvrage Stories in a new skin. Approaches to Inuit literature (2012).

De 1999 à 2010, Rachel Qitsualik-Tinsley est chroniqueuse au journal Nunatsiaq News. Plus récemment, en 2017, elle se présente comme candidate aux élections territoriales du Nunavut dans la circonscription de Quttiktuq (Nunavut), mais ne remporte pas l’élection.

Aujourd’hui, Rachel Qitsualik-Tinsley continue à écrire et à publier des ouvrages avec son mari Sean Qitsualik-Tinsley. Leur dernier titre, paru chez Inhabit Media en 2019, s’intitule Tanna’s owl.

La rédaction de cette biographie est basée sur les documents écrits disponibles lors d'une recherche collective réalisée de 2018 à 2025. Il est possible que des coquilles et des faits doivent être corrigés. Si vous constatez une erreur, ou si vous souhaitez rectifier quelque chose dans une biographie d’auteur, merci de nous écrire à imaginairedunord@uqam.ca et nous le ferons avec plaisir. C’est de cette manière que nous arriverons à avoir des présentations plus précises, et à mieux faire connaître et mettre en valeur la culture inuite.

 

(c) Laboratoire international de recherche sur l'imaginaire du Nord, de l'hiver et de l'Arctique, Université du Québec à Montréal, 2018-2025, Daniel Chartier et al.